Il y a deux semaines, Psykotik montait au créneau contre les quotidiens gratuits qui déferlent en Suisse Romande depuis un peu plus d'une année. Son article m'a inspiré la réflexion suivante.
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C’était il y a 24 ans. Le 15 Janvier 2001 naissait Wikipédia. dans un monde numérique où Google était lui-même né en 1998 et le web encore quelques années avant (disons vers 1991 pour faire simple même si sa date de naissance officielle est plutôt en Mars 1989).
A l’image d’une chanson de Cabrel, elle a en effet dû faire toutes les guerres pour être si forte aujourd’hui. Et aujourd’hui encore elle est la cible d’une offensive coordonnée qui va des USA jusqu’à la France. Une offensive d’une violence et d’une portée rarement atteinte. Avec en tête un Musk qui rêve de sonner l’Hallali de l’encyclopédie.
Ce type d’intervention politique sur les archives n’a rien d’anodin. L’histoire regorge d’exemples où la manipulation ou la destruction d’archives a servi des régimes autoritaires. De l’Allemagne nazie à l’Union soviétique, en passant par la Révolution culturelle chinoise et le régime des Khmers rouges, les archives ont toujours représenté un enjeu de pouvoir majeur. L’accès à une information libre, fiable et contextualisée est une menace pour ceux qui cherchent à réécrire l’histoire à leur avantage.
L’alliance entre Donald Trump et des patrons de plateforme sociale, tels Elon Musk ou Mark Zuckerberg, représente une menace à l’échelle mondiale sur le libre accès à une information fiable. « Le Monde » fait donc le choix d’interrompre le partage de ses contenus sur X et de redoubler de vigilance sur des plateformes comme TikTok et sur celles de Meta.
Il serait donc temps que les médias et les journalistes soient formés à une vue qualitative des réseaux sociaux. Défi difficile, quand on sait que le simple fait de les faire utiliser les réseaux sociaux constituent parfois un challenge de taille. Ils se contentent donc d’une vue quantitative, mais celle-ci est également inexpérimentée. Lorsque BFM TV sort l’information à 15 h, il y a 215 tweets uniques, 882 avec retweets. Quand tous les médias au soir en parlent, cela fait 3211 tweets dont 912 uniques faits, par 2500 personnes. Comment arrive-t-on alors à une dépêche AFP reprise par les autres médias qui parlent de l’événement comme de quelque chose qui brûle sur les réseaux sociaux ? 2500 personnes. Si chacun de mes followers avait tweeté, j’aurais donc rassemblé la France entière ? On s’imagine alors que Twitter représente la France, et ce alors qu’il ne s’agit que de militants d’extrême droite. Ceux-ci ont alors réussi parfaitement leur coup !
