Dans [son] livre, le sociologue [Antonio Casilli] démontre combien ce travail invisible, qui est lié aux plateformes et aux datas, reproduit une dichotomie nord-sud. Le travail du clic est un job précaire réalisé par des millions de personnes et que l’on retrouve partout sur la planète. Parfois, ce sont des freelances aux États-Unis, des Philippins dans un cybercafé ou des milliers de travailleurs africains dans des fermes du clic. Il y a néanmoins des différences très importantes dans les conditions de travail. Tout en bas de l’échelle, on retrouve les travailleurs africains. Finalement, c’est une nouvelle dimension néocoloniale, loin de l’image épurée de la Silicon Valley. Le fait que les Big Tech invisibilisent ce travail sous-entend que celui-ci n’est pas très important – pourtant, il est essentiel. L’un des travailleurs que j’ai rencontré au Kenya m’a dit : « Il n’y a pas d’intelligence artificielle, seulement l’intelligence africaine. » Ça résume assez bien les choses.
Derrière l’IA générative, la violente réalité des travailleurs du clic
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Mardi 21 janvier 2025