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Le jour d'après (The Day After Tomorrow)

de Roland Emmerich
USA, 2004

A cause de mauvais choix politiques, les Etats Unis se retrouvent complètement sinistrés et doivent évacuer leur pays (comme on abandonne un navire qui fait naufrage) avant d'admettre leur responsabilité dans la catastrophe et de s'en remettre à l'aide du Tiers Monde... On est loin, très loin d'Independence Day où les USA sauvaient le monde des "forces du mal" venues d'ailleurs ! Un spectaculaire virage à 180° qui fait plaisir à voir, d'autant plus que le film en lui-même est un excellent film-catastrophe, un divertissement de très bonne facture, livré en prime avec un message écolo qui ne carresse pas vraiment les Américains (et l'Occident en général) dans le sens du poil. Et s'il est vrai que ce message n'est pas des plus subtils, il faut reconnaître qu'il est quand même important, et on peut se réjouir du fait qu'un blockbuster soit mis au service de sa diffusion. Surtout lorsque ledit blockbuster est piloté par un Roland Emmerich qui a toujours été très inspiré pour forger des images qui frappent durablement les esprits (ID4 était un film catastrophique sur bien des points, mais visuellement, il faut quand même reconnaître que c'était une sacrée claque). On peut reprocher un manque de crédibilité du scénario (principalement dû à la rapidité avec laquelle les changements climatiques arrivent et repartent --notamment la "vague de froid" qui s'abat sur New York), malgré des explications scientifiques qui "sonnent" assez justes (aux oreilles du néophyte que je suis, en tout cas). On peut se demander si ces exagérations du scénario ne risquent pas de nuire au message écolo qui leur est associé... On peut également avoir du mal à avaler certains ingrédients un peu trop sucrés qu'Emmerich ajoute à son film (le chapitre sur l'amour paternel, notamment). Mais ces reproches sont assez mineurs à mon avis, et dans l'ensemble le film est réussi. Les acteurs sonnent juste, la musique aussi, l'humour est très bien dosé, je n'ai rien à reprocher aux effets spéciaux... Et s'il est vrai que les grandes lignes du scénario sont assez plates (comme dans tout film catastrophe, on suit les destins de différents individus face à la catastrophe, et puis voilà), elles sont néanmoins émaillées d'anecdotes assez bien senties (le réflexe grégaire des gens qui quittent la bibliothèque; l'ironie des relations USA-Mexique; le pétrolier russe échoué dans les rue de New-York; etc) qui donnent souvent à réfléchir.

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