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The Wolfman

de Joe Johnston
USA, 2010

Il y a quelques bons côtés dans The Wolfman. Certains arrière-plans, par exemple.

Bien sûr, on peut reprocher à ce film d'être impitoyablement prévisible, un catalogue de grosses ficelles et de dialogues d'une platitude consternante, un festival de déjà-vu noyé en permanence dans une soupe musicale aussi lourde qu'indigeste.

On peut certainement regretter que les seules scènes où on sursaute sont des effets de mise en scène faciles et qui n'apportent rien au scénario, que ses effets gore soient souvent puérils (les intestins répandus par terre, avec presque rien autour), que son esthétique fasse globalement penser à un vidéo-clip gothique des années 80 (oh, les nuages qui passent devant la lune en accéléré), et que son terrifiant loup-garou ressemble parfois un peu trop à Chewbacca pour être réellement terrifiant —ah c'est dommage, ça !

On peut avoir envie de quitter la salle quand on assiste à des scènes qui semblent repousser les limites de la caricature (le méchant professeur qui ne veut pas voir la vérité) aussi bien que celles de la niaiserie (la force de l'amour !!!), le tout nappé d'une bonne couche de bigoterie.

On peut dire tout ça, et bien plus encore. Mais pour ma part je m'en suis surtout voulu de ne pas m'être un peu mieux renseigné avant d'aller voir ce film. Parce que quand on sait que son réalisateur n'est autre que le réalisateur de "Jumanji" et "Jurassic Parc 3", eh bien tout semble se mettre en place et on ne s'étonne plus vraiment de la médiocrité de l'ensemble. The Wolfman est aussi poussiéreux, ennuyeux et kitsch qu'un train-fantôme d'Europa-park.

Au final, je pense que la principale qualité de ce film est de parvenir à me faire apprécier pratiquement n'importe quel autre film. De me faire comprendre à quel point le cinéma est un art difficile. Et de me faire prendre conscience (et avec quelle acuité !) que chaque seconde qui s'écoule est irrémédiablement perdue.

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