Vous êtes ici

Transformers

de Michael Bay
USA, 2007

Une giga-pub giga-régressive

Ta voiture te permettra de réaliser tes fantasmes de toute-puissance et de draguer des meufs hyper-méga-bonnes. Tu pourras alors devenir un homme, et même mieux, un vrai soldat, qui se bat contre le mal. A la fin tu feras des enfants et tu seras heureux (avec ta voiture, bien sûr, mais aussi ta femme). THE END. Woah, le bon moment qu'on a passé ! C'est tellement agréable de ne pas réfléchir. Merci Michael Bay.

Quand le cinéma devient publicité, on ne peut pas s'attendre à un résultat beaucoup plus intéressant que le produit qu'il cherche à vendre. "Transformers" est un film à l'image des jouets dont il fait la promotion : un concept fondamentalement débile dont la seule raison d'être est de faire du fric en flattant les fantasmes pré-adolescents des spectateurs-clients. Car soyons honnêtes : ces fantasmes sont la seule chose qui permet au film de tenir debout...

Pour le coup, il est évident que la priorité de "Transformers" n'est pas de flatter l'intelligence de ses fans de la première heure (aujourd'hui trentenaires ou presque), mais bien de renouveler la clientèle de Hasbro en visant un public bien plus jeune, qu'il flatte en lui donnant l'impression de voir un film "pour les grands", c'est à dire avec des filles sensuelles, des militaires virils et beaucoup d'action. Ca permet aux grands d'y aller aussi : on fait d'une pierre deux coups. En bref, le scénario est à peu près aussi évolué, profond et cohérent que ce qu'un gamin peut produire lorsqu'il joue tout seul avec ses jouets en plastique. Quant à la mise en scène, ça a déjà été dit, c'est du Michael Bay, avec tout ce que cela implique de frénésie illisible ponctuée de ralentis aussi ostentatoires que pompiers.

Le résultat est d'une indigence à rendre jaloux "Independence Day" (auquel il a d'ailleurs emprunté ses hackers spécialistes en langues extraterrestres) : une guerre qui se justifie parce que certains robots sont gentils et d'autres sont méchants (merci pour l'explication !), un mini-robot aussi énervé (et énervant) qu'un gremlin parkinsonnien, une bimbo surdouée et surmaquillée qui essaye de donner l'impression qu'elle comprend ce qu'elle dit, des robots géants qui bombent le torse et mettent les mains sur les hanches quand ils font leurs discours émouvants, des phrases à l'emporte-pièce (vive le prêt-à-penser) qu'on répète à chaque fois qu'il faut donner un peu de gravité à la situation ("pas de victoire sans sacrifice", mon dieu comme c'est profond, on dirait du Spiderman), et j'en oublie sans doute...

Les bons côtés ? Certaines scènes sont effectivement spectaculaires (le scorpion du début est cool) et environ 5% des gags sont effectivement drôles, il faut bien l'admettre --notamment les parents de Sam (surtout l'interview dans le générique de fin) ainsi que l'allusion à "Armageddon". Mais enfin, ça ne justifie pas le prix payé à l'entrée, pour voir (et surtout soutenir) un film qui bat probablement un fois de plus le record du budget consacré à construire du vide.

Ajouter un commentaire