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DRM de merde !

OK, je ne suis pas trop du genre à suivre les chaînes, mais ce sujet me tient relativement à coeur alors je ferai une exception.

Suivant l'initiative lancée par Philippe Astor de ZDNet.fr et relayée notamment par Tristan Nitot sur son blog, un long coup de gueule contre les DRM qui polluent de plus en plus de "produits" culturels (musique, vidéo etc).

Les DRM, c'est quoi ? Acronyme de Digital Rights Management, en français Gestion des Droits Numériques, ce mot désigne toutes les mesures techniques destinées à contrôler et limiter l'utilisation que vous pouvez faire d'un contenu donné. Pour plus de détails et d'exemples concrets, lisez donc cet article édifiant : les DRM pour les nuls (c'est long mais ça en vaut la peine).

Les DRM institutionnalisent un nouveau concept, celui des produits "defective by design", autrement dit "conçus pour être défectueux". L'expérience de l'utilisateur est dégradée, sa liberté est diminuée, mais ce n'est pas un bug ou un défaut de conception : c'est tout à fait intentionnel.

Dans le domaine des disques, les DRM sont présents sous forme de protections anti-copies intégrées à certains CD. Ces technologies rendent le CD incompatible avec certains matériels (par exemple, les ordinateurs, les auto-radio ou certains anciens lecteurs CD) à un tel point que Philips, qui a développé la norme "Compact Disc" et en détient les droits, a formellement interdit que ces CD protégés reçoivent l'appellation et le logo "Compact Disc".

On reconnaît donc un CD pourri protégé à ce qu'il porte un logo du style "Copy Control", et ne porte pas le logo "Compact Disc" traditionnel.

Le logo original de PhilipsDeux exemples du logo Copy Control

Divers liens à contre-courant de la propagande des majors :

  • Les DRM ne servent pas à la lutte contre le piratage, ils servent uniquement à étouffer la concurrence et fidéliser les clients par la force : même la SABAM le reconnaît sans aucun détour.
  • Bill Gates lui-même admet que "les DRM ne sont probablement pas une bonne chose"... Ce qui n'empêche pas Windows Vista ou le Zune d'aller très loin dans cette direction.
  • Les plus grands "pirates" sont également ceux qui achètent le plus de CD : c'est l'une des conclusions d'un sondage commandité par les majors américaines (mais vite enterré par celles-ci), qui contredit donc radicalement leur position sur le sujet. Un article qui en parle, en anglais malheureusement.
  • Un bref article avec des commentaires très drôles ^_^
  • On est dans l'anecdote, mais c'est quand même très révélateur : le dernier CD de Coldplay a un règlement (article en anglais chez l'incontournable Boing Boing). En gros, l'album X&Y contient un encart qui explique aux acheteurs ce qu'ils ont le droit et ce qu'ils n'ont pas le droit de faire, qui donne une longue liste des appareils sur lesquels le CD pourrait ne pas fonctionner (comme ça vous êtes prévenu : c'est normal, ne venez pas vous plaindre), avant de conclure que le CD n'est repris qu'en cas de défaut de fabrication. Tout ceci, justifie le règlement, dans le but de vous fournir la meilleure expérience musicale possible (sic !). Comme le remarque Boing Boing : "Now that's quality." Ce règlement figure uniquement à l'intérieur du CD, de sorte que vous êtes obligé d'ouvrir celui-ci pour lire les règles, et que si vous n'êtes pas d'accord avec celles-ci, eh ben tant pis pour vous, vous avez déjà ouvert le CD donc on ne vous le reprend pas.
  • Beaucoup plus technique et assez long, mais bien vulgarisé : "Analyse des coûts de la protection de contenu de Windows Vista", un papier qui décortique les documents fournis par Microsoft au sujet des nombreuses mesures de protection introduites bien profondément dans le prochain système d'exploitation Windows. Et qui s'inquiète des conséquences que cela pourrait avoir sur l'avenir de l'informatique.
  • Et le grand scandale du rootkit de Sony-BMG : un article en anglais sur Wikipédia. En bref : un rootkit est un petit programme qui s'installe en douce sur votre ordi, qui est quasiment impossible à détecter, quasiment impossible à supprimer, et qui communique --à votre insu-- avec un ordinateur distant. En 2005, Sony-BMG a pris la brillante décision d'installer un semblable dispositif sur leurs CD audio afin de surveiller les habitudes de ses chers clients. A aucun moment, l'acheteur n'était averti de quoi que ce soit; lorsqu'il introduisait le CD dans son ordinateur, le rootkit s'installait automatiquement et de façon totalement invisible. Il s'est avéré que ce rootkit représentait une sérieuse faille de sécurité pour les PC qu'il infestait. On a par la suite découvert que Sony-BMG, en plus de bafouer la vie privée de ses clients et de traiter leurs PC comme s'ils lui appartenaient, avait utilisé ce rootkit sans en demander l'autorisation à son auteur !

On peut aussi parler du fameux Zune, le nouveau baladeur MP3 de Microsoft, qui introduit cette merveilleuse possibilité de transférer de la musique d'un Zune sur un autre Zune par une connexion sans fil. Le problème ? Des DRM sont automatiquement et inextricablement ajoutés à la musique ainsi transférée. Résultat : le destinataire ne pourra conserver cette musique que trois jours, et ne pourra l'écouter que trois fois. Après quoi elle deviendra inutilisable, et ce, même si le contenu transféré est totalement libre de droits. Avec Zune comme avec Windows Vista, Microsoft a clairement pris le parti des majors de la musique et du cinéma, au détriment des utilisateurs finaux.

D'ailleurs ce même Zune n'est pas compatible avec le précédent format de DRM de Microsoft (qui, dans la grande tradition de l'ironie involontaire que pratique Microsoft avec une maestria inégalée, se nommait "Plays For Sure" !). Vous avez acheté de la musique chez Microsoft, on est vraiment navrés, mais elle ne fonctionne pas sur le baladeur de Microsoft. Cette désolante anecdote souligne bien tous les problèmes potentiels qu'apportent les DRM : la musique que vous avez achetée ne vous appartient que dans la mesure où le vendeur ne change pas d'avis. Ce scénario pend au nez de tous les DRM, que ce soit ceux de Microsoft ou d'Apple.

D'ailleurs je tape sur Microsoft, parce que ça fait toujours du bien (et c'est un acte de salubrité publique), mais n'oublions pas qu'actuellement c'est Apple qui mène le bal des DRM, avec son inviolable trinité iPod-iTunes-Music Store : de la musique achetée sur le Music Store d'Apple, verrouillée par le DRM "Fair Play" (ironie, ironie), ne pourra être lue que sur un iPod. Si vous décidez un jour de changer de marque de lecteur MP3, toute la musique que vous aurez achetée chez Apple sera inutilisable sur votre nouveau matériel.

On pourrait finalement élargir le débat à de nombreux autres domaines, qui ne touchent pas directement aux DRM mais révèlent de plus en plus que les grands acteurs de l'"industrie du divertissement" considèrent et traitent leurs clients dans le meilleur des cas comme vaches à lait, dans le pire des cas comme des voleurs. Ce qui est quand même assez ironique. Vous allez au cinéma, on vous fait payer 18 francs l'entrée, on vous impose un quart d'heure de publicités, on vous pousse à consommer des boissons hors de prix, et pour faire bonne mesure, on vous inflige un bel avertissement avant le film : "saleté de voleur, si vous piratez ce film, on vous poursuivra ! Si vous voyez des gens qui le piratent, dénoncez-les !". Je ne sais pas si vous avez souvent vu des gens qui filment le film qu'ils regardent pendant une séance normale, mais il est avéré que les vrais pirates ne procèdent pas comme ça et disposent de moyens beaucoup plus sûrs pour obtenir des copies de bien meilleure qualité...

Il en va de même pour le très agressif spot "anti-pirate" que nous inflige le MPAA au début de nombreux DVD (et bien sûr, impossible de faire "avance rapide"... c'est beau le progrès) : vous venez d'acheter un DVD, et voilà qu'on vous sermonne encore sur le fait que "c'est un crime de voler les films". Tandis que les produits piratés, évidemment, sont dépouillés de ces pubs horripilantes et insultantes... (Pendant que j'y suis et pour se détendre un peu, une savoureuse parodie de cet horrible clip.)

Il est assez incroyable de constater à quel point ces gens peuvent se tromper de cible... Pour paraphraser je ne sais plus qui : "le jour où vous commencez à attaquer vos clients en justice, c'est un signe que votre modèle économique ne tient plus la route".

Mais bref, je m'emporte.

On va terminer sur une note plus positive : les DRM ne sont pas une fatalité. En marge des géants que constituent Sony-BMG, EMI, Apple, Microsoft et quelques autres, de plus en plus nombreux sont ceux qui se rendent compte de la nuisance que représentent les DRM. De nombreux éditeurs indépendants, bien sûr, mais aussi des acteurs de poids tels que FNAC, Virgin, Amazon et mySpace, pour n'en citer que quelques uns, envisagent tous la possibilité de vendre de la musique sans DRM. De nombreux sites indépendants le font d'ores et déjà. Citons notamment eMusic.com, qui joue carrément dans la cour des grands, puiqu'il réalise le deuxième plus grand chiffre d'affaire dans le domaine de la vente de musique en ligne (loin derrière Apple, évidemment, mais devant tous les autres) en vendant de la musique au format MP3 (donc sans DRM, le MP3 n'étant pas compatible avec ce genre de technologies).

Ce qu'il faut retenir de tout ça, c'est que

  • les DRM pénalisent uniquement les gens honnêtes (et les majors le savent bien);
  • les DRM ne servent que les intérêts des maisons de disques (et pas ceux des artistes, qui y sont souvent opposés mais qui ont rarement leur mot à dire sur la question).
  • il existe des alternatives.

Commentaires

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s427

Évènement important dans le monde des DRM : Steve Jobs, patron d'Apple, se prononce sur le sujet et admet qu'il n'aime pas ça. Résumé et commentaires (à venir) sur le Standblog.

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Lo

c'est tellement vrai qu'à la fin de ton article j'ai clairement la haine. Eyesonfire De plus, je ne sais pas si tu as vu les dernières pubs en ville "pirater un cd, c'est priver l'artiste de salaire" ou des trucs comme ça...pleurons tous ensemble Madonna, U2 et Bill Gates, je propose même qu'on fasse une quête pour compenser leurs pertes si énormes.

Bon, dans un tout autre registre, mais qui fait du bien cette fois-ci, je vous recommande d'aller voir les trailer de "300", prochain film inspiré d'un comic de Franck Miller et qui m'a l'air d'être très prometteur (et je pèse mes mots). http://www.apple.com/trailers/wb/300/hd/

Lo

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s427

Oui, ces pubs sont assez agaçantes... Je peux comprendre que les produits contrefaits nuisent à l'économie, mais mettre le téléchargement dans le même sac ne tient pas la route :

  • ce n'est pas un marché, personne ne s'enrichit grâce à ça; (contrairement au problème de la contrefaçon, où il y a réellement des capitaux qui quittent notre pays pour aller renforcer une économie étrangère)
  • ce n'est pas un bien matériel, donc ça ne représente aucune perte mais uniquement un éventuel manque à gagner (ce qui, en soi, est un point de vue discutable, cf. point suivant);
  • télécharger et acheter ne sont pas incompatibles (cf. le sondage que j'évoque dans mon article), de la même manière qu'écouter la radio n'empêche pas d'acheter de la musique. Télécharger permet même de découvrir plus de musique, ce qui peut déboucher sur des achats qui n'auraient pas eu lieu autrement (ce n'est pas de la théorie, ça s'applique au moins aux trois quarts des CD que j'ai acheté ces dernières années). A l'inverse, quand on achète une montre contrefaite, c'est précisément parce qu'on n'a pas l'intention d'en acheter une authentique, sinon on n'achèterait pas une contrefaçon pour commencer.

Mais il est vrai que concernant ce dernier point (découverte de la musique), ce sont surtout les petits artistes et les labels indépendants qui en profitent, puisqu'ils ne peuvent pas se payer des grosses campagnes marketing in the real life. Les majors, elles, misent justement beaucoup sur le marketing pour vendre leur musique. Cela revient à dire que suivant leur modèle économique, il est préférable que les gens ne soient pas trop critiques et achètent ce qui passe à la radio et dans les pubs, sans trop réfléchir. Un modèle que je n'ai pas trop envie de soutenir, soit dit en passant (surtout que cela s'ajoute à leur politique de répression, menaces, lobbying etc qu'elles mènent très hypocritement, soit disant au nom des artistes) (sans compter les lois liberticides qu'elles essayent activement de faire voter un peu partout dans le monde).

Ca me rappelle la théorie de la "longue queue" (the long tail), qui constate que la part de biens culturels visibles dans la vie réelle (p.ex. à la FNAC ou autres) n'est que la pointe emergée de l'iceberg, constituée uniquement d'une sélection des produits les plus rentables (car susceptibles de plaire à un assez grand nombre de gens), autrement dit des "best-sellers". Mais la partie immergée de l'iceberg est tellement plus vaste que, même si elle n'est constituée que de produits moins vendeurs (qui ne touchent chacun qu'un tout petit public), elle représente au total un marché nettement plus important. Et donc il suffit que cette "longue queue" trouve son public pour devenir extrêmement rentable. Ceci n'est pas possible dans la vie réelle en raison de la place limitée sur les rayonnages (espace physique qu'il faut louer et entretenir, donc rentabiliser), mais c'est tout à fait possible sur Internet où les rayonnages sont virtuels et donc extensibles à l'infini sans que cela soit plus coûteux. De fait, on constate que dans les magasins de vente en ligne, qu'ils soient semi-virtuels (comme Amazon, qui vend quand même, au final, des biens matériels) ou entièrement virtuels (comme iTunes, qui ne vend que des biens sous forme numérique), le bénéfice généré par la partie immergée de l'iceberg (la "longue queue") dépasse assez nettement le bénéfice généré par la partie émergée (les "best-sellers"). Voir ici pour un long article en anglais sur le sujet.

Pour en revenir à la question du téléchargement et de son impact sur le marché du disque, j'aimerais bien connaître les chiffres de ventes de disques pour la Suisse, et plus particulièrement savoir combien un Suisse "moyen" achète de CDs en une année. Je suis persuadé que ce chiffre est assez faible (moins de 10 à mon avis, peut-être même moins de 5). Pour ma part, je sais que j'en ai acheté plus d'une trentaine en 2006. Donc qu'on ne vienne pas me dire que je coule l'industrie du disque en téléchargeant de la musique. Par contre j'admets assez volontiers que ça ne me dérangerait pas plus que ça de voir les majors boire la tasse.

D'ailleurs un autre truc qui m'énerve, c'est que les majors qui se plaignent des pertes représentées par le téléchargement semblent partir du principe que tous les MP3 échangés sur Internet leur appartiennent. Seulement, pour ma part, j'écoute beaucoup de musique issue de labels indépendants, et relativement peu de trucs issus des majors... Et j'ai l'impression que c'est valable pour beaucoup de gens qui téléchargent.

Bref...

Merci pour le conseil sur "300". J'avais déjà vu la première bande-annonce, et j'étais un peu sceptique face à un film misant à ce point sur l'esthétique (certaines images ressemblent plus à une pub de parfum pour hommes qu'à un film Secretlaugh ). Mais la deuxième bande-annonce arrache considérablement plus et ça commence un peu à ressembler à un film. En tout cas c'est impressionnant, pas de doute là-dessus.

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Lo

Merci pour ton complément de réponse! Haveaniceday A mon avis, la théorie du "long tail" est tout à fait vraie, mais je dois admettre que des magasins comme la FNAC font quand même l'effort de mettre également des CD un peu plus "difficiles d'accès" et je souligne quand même cette légère ouverture.

En ce qui me concerne, si tu fais une petite statistique, en 2006 j'ai acheté plus de 30 CD (facilement) et une bonne centaine de morceaux sur Itunes...

Etant donné que j'achète passablement de musique sur Itunes, je les grave directement sur un CD audio que j'encode en mp3 aussitôt. C'est le prix à payer (parce-que c'est quand même chiant...) pour être sûr d'y avoir toujours accès. Cela ajoute également une pierre à l'édifice de notre indignation pour les DRM car au final, cette protection est totalement artificielle (puisqu'elle ne sera valable que pendant un cours instant); dans les 2 minutes qui suivent je pourrais tout autant les mettre sur un site d'échange en ligne...

arg, rien que d'en parler ça m'énèèèèèèrve... Eyesonfire

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s427

A mon avis, la théorie du "long tail" est tout à fait vraie, mais je dois admettre que des magasins comme la FNAC font quand même l'effort de mettre également des CD un peu plus "difficiles d'accès" et je souligne quand même cette légère ouverture.

Je suis assez d'accord, la FNAC présente un choix souvent intéressant (surtout comparé aux autres supermarchés de la musique que sont City Disc et... et quoi d'autre ? On n'a pas tant de choix finalement...*). Mais cette ouverture ne peut matériellement pas se poursuivre indéfiniment pour une raison toute bête : la FNAC doit louer les locaux qu'elle occupe, et ces locaux ont une surface limitée. Donc on peut dire que chaque espace occupé par un CD représente une fraction de ce coût de location, et en moyenne, les CD's doivent se vendre suffisamment pour rembourser le prix de la place qu'ils occupent.

* : Il faut vraiment que je m'intéresse à découvrir un peu les boutiques spécialisées sur Genève...

Etant donné que j'achète passablement de musique sur Itunes, je les grave directement sur un CD audio que j'encode en mp3 aussitôt. C'est le prix à payer (parce-que c'est quand même chiant...) pour être sûr d'y avoir toujours accès.

En plus d'être chiant, cela représente forcément une légère perte de qualité audio.

Cela ajoute également une pierre à l'édifice de notre indignation pour les DRM car au final, cette protection est totalement artificielle (puisqu'elle ne sera valable que pendant un cours instant); dans les 2 minutes qui suivent je pourrais tout autant les mettre sur un site d'échange en ligne...

A ce sujet j'ai lu un article qui avance que Steve Jobs a toujours été contre les DRM mais a été forcé de les utiliser afin de pouvoir obtenir des contrats avec les majors lorsqu'il a lancé iTunes. Par conséquent, il aurait sciemment choisi de développer un modèle de DRM qui soit relativement peu limitatif, et qui ménage à la fois la chèvre (les majors) et le chou (les utilisateurs).

Cette théorie n'est pas inintéressante mais il me semble qu'elle minimise un peu trop le fait que les DRM représente un gigantesque atout dans la politique d'Apple, puisqu'ils ont permis de tenir les concurrents à l'écart pendant tout ce temps et de construire un véritable empire qui a complètement remis Apple sur pieds (bien sûr, les qualités intrinsèques de l'iPod ainsi qu'une campagne marketing hallucinante ont également contribué à ce succès). Donc on peut aussi avancer que Jobs, maintenant que les DRM sont de plus en plus décriés, se blanchit à peu de frais en se mettant du côté des utilisateurs et en rejetant la faute sur les majors qui lui auraient tout imposé...

Suivant une autre théorie (avec des commentaires intéressants à la suite), avec l'arrivée de Vista qui est bourré de DRM (notamment en ce qui concerne la vidéo HD), Apple se rend compte qu'il aura de plus en plus de mal à rivaliser dans ce domaine face à Microsoft et qu'il a donc tout intérêt à ce que les DRM se cassent la gueule partout.

Mais d'après ce que j'ai compris, Microsoft, en se lançant à son tour dans la course à la musique en ligne (sur le même modèle qu'Apple, un baladeur numérique lié à un magasin de vente en ligne), aurait opté pour un modèle qui caresse abondamment les majors dans le sens du poil et qui serait beaucoup plus stricte que les DRM d'Apple. Espérons que cette initiative ne soit pas couronnée de succès, parce que sinon ça pourrait bien forcer Apple à s'aligner sur cette politique pour rester dans la course vis-à-vis des majors.

J'ai toujours été un peu réticent vis-à-vis d'Apple justement en raison de ces verrous (et en dépit des qualités techniques et esthétiques des iPod), mais je pense que c'est quand même un moindre mal par rapport à ce que nous prépare Microsoft de son côté.

En tout cas, si l'annonce de Steve Jobs devait effectivement déboucher sur un assouplissement de leur politique DRM, je crois que j'aurai de plus en plus de mal à résister à l'envie de m'offrir un iPod 80Go... Secretlaugh

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s427

En ce qui me concerne, si tu fais une petite statistique, en 2006 j'ai acheté plus de 30 CD (facilement) et une bonne centaine de morceaux sur Itunes...

Oui, acheter des morceaux à l'unité représente un modèle très tentant (comme ça on a vraiment que ce qu'on aime) et beaucoup plus économique, mais problème des DRM mis à part, je suis quand même encore attaché à l'idée de posséder physiquement la musique (sur un CD original, quoi).

Tiens au sujet de ces statistiques à la con, je viens de décider de créer un tableur sur Google Docs pour y répertorier les CD que j'achète. Haveaniceday J'en suis à cinq depuis le début de l'année (artiste, titre, label, date d'achat, prix, lieu).

Pour les DVD's j'ai DVD Profiler, mais je n'ai pas trouvé de service comparable pour les CD's, donc je le fais moi-même.

(J'ai aussi importé dans Google Docs un tableur que je tiens à jour depuis plusieurs années pour tous les films que je vais voir au ciné. Haveaniceday )

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Suite au commentaire #1 :

La Free Software Foundation a rédigé une lettre ouverte destinée à Steve Jobs en réponse à ses récents propos anti-DRM. Elle contient trois propositions assez percutantes incitant Jobs à prendre des mesures concrètes pour prouver que ses propos ne sont pas seulement une façon de rejeter la faute sur les grandes maisons de disques. Une traduction française a été réalisée par Framasoft : on peut la lire ici.

Cette lettre s'accompagne d'une récolte de signatures qui prendra fin le 1er avril, date à laquelle la lettre sera officiellement envoyée au patron d'Apple. Vous pouvez (et je vous encourage à) la signer ici (page en anglais).

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