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L'Échelle de Jacob

de Adrian Lyne
USA, 1990

C'est l'histoire d'un jeune vétéran du Viet-Nam, Jacob Singer (magnifiquement interprété par Tim Robbins), qui travaille comme postier à New York. Et qui commence à avoir des visions cauchemardesques. Il semble voir des démons rôder autour de lui, tandis que son jeune fils décédé, Gabe, revient lui rendre visite. Parallèlement, des visions de la guerre viennent le hanter. Il y a eu une attaque, dans la jungle... Une mission qui a terriblement mal tourné. Que s'est-il passé ce jour-là ? Et pourquoi les compagnons d'arme de Jacob partagent-ils les mêmes symptômes que lui ?

Film injustement méconnu (n'ayons pas peur des mots : scandaleusement méconnu), que j'ai découvert récemment un peu par hasard (quelqu'un y faisait allusion sur IMDB, ça a éveillé ma curiosité), L'Échelle de Jacob fait à mon avis partie des plus grands films du cinéma fantastique. Le long texte qui suit est le fruit de réflexions suscitées par le film bien sûr, mais aussi par l'article consacré par Mad Movies à ce film (et que l'on peut lire sur leur site web) et par les commentaires de certains lecteurs dudit article.

La suite de mon texte révèle et commente largement la fin du film, et cette lecture est fortement déconseillée à tous ceux qui n'ont pas (encore) vu le film. Croyez-moi, il mérite franchement le détour, mérite qu'on l'approche sans attentes particulières et qu'on se fasse sa propre opinion en le voyant. Revenez quand vous l'aurez vu. Secretlaugh

 

Donc la suite contient des SPOILERS, j'espère que c'est clair.

Ceux qui n'ont pas encore vu le film : fermez les yeux avant de continuer.

Et ne les ouvrez que lorsque je vous dirai que vous pouvez les ouvrir.

 

C'est bien.

 

Que se passe-t-il réellement ?

Le film commence à la guerre, par cette scène de massacre; Jacob se fait éventrer... et se réveille dans le métro en palpant sa blessure à l'abdomen. A ce stade, le spectateur se dit "OK, donc il est dans le métro, et il vient de faire un rêve où il se souvient du Viet-Nam". Par la suite, le film permet toujours cette interprétation (il ne la contredit jamais... du moins jusqu'à la fin), de sorte que le spectateur tient ceci pour acquis et part toujours du principe que le Viet-Nam = le passé, et que New York = le présent. Et on se demande ce qui se passe à New-York (dans cette supposée réalité), quelle est la part de réalité et de cauchemar, etc. Les flashs "Viet-Nam" paraissent confus et désordonnés, et surgissent dans des moments de choc qu'ils semblent prolonger : il y a toujours un lien, un déclencheur qui "force" le basculement entre les deux. Quelque part c'est très logique, c'est une expérience traumatisante dont les souvenirs ressurgissent dans les moments de très fort stress qui recréent certaines conditions de l'expérience en question. C'est un procédé narratif assez connu, pour ne pas dire banal (l'événement traumatisant, qui surgit du passé pour venir hanter le présent), donc le spectateur se dit (inconsciemment) : "Bon OK, je ne comprends pas trop ce qui se passe à New-York, dans le métro et tout ça, mais cette histoire de guerre, ça au moins c'est clair, c'est un souvenir, c'est du passé". Or justement, ce n'est pas ça du tout.

La fin du film nous montre Jacob, mort, dans un hôpital militaire. Il est toujours au Viet-Nam et n'est donc jamais rentré à New-York. Et si on revoit le film dans cette perspective, on s'aperçoit que les différents flash du Viet-Nam sont en fait parfaitement cohérents, et s'enchaînent les uns les autres en suivant une progression rigoureusement chronologique :

Scène d'ouverture, le massacre, Jacob se fait éventrer...
...il reprend conscience dans la jungle, c'est la nuit, il est blessé, il voit des lumières, il appelle à l'aide...
...il est trouvé par d'autres soldats américains...
...transporté sur une civière...
...posé quelque part en attendant l'hélicoptère...
...hissé sur celui-ci...
...transporté dans l'hélicoptère qui se fait attaquer en vol...
...et finalement il arrive à l'hôpital militaire où il meurt.

Tous les flashs sur la guerre racontent donc une histoire simple, très linéaire, qui se déroule dans un laps de temps assez restreint : cette histoire, c'est la mort de Jacob Singer. Et entre tous ces flashs, Jacob perd conscience et voit sa vie défiler (les photos qu'il reçoit dans une enveloppe au début du film), essaye de se raccrocher à la vie pendant que des démons font voler celle-ci en morceaux et que des anges essayent de l'apaiser.

Donc la perpétuelle incertitude, le profond malaise qui envahit le spectateur durant tout le film, se fonde principalement sur le fait que le scénario se sert de ficelles connues, de codes tellement bien établis qu'on n'y réfléchit même pas, et s'en sert pour induire le spectateur en erreur. Car en fait, non, le Viet-Nam, ce n'est pas le passé, c'est le présent. Les flashs de la guerre ne sont pas des souvenirs, ce sont des moments de lucidité. New-York, ce n'est pas la réalité, c'est le fantasme. Et lorsqu'on croit que Jacob se réveille de ses cauchemars de la guerre, c'est qu'en fait il perd connaissance et commence à rêver (qu'il est à New-York, etc).

Je trouve d'ailleurs que ce film réussit admirablement bien à retranscrire la sensation d'un rêve réaliste mais où il y a toujours quelque chose qui sonne un peu faux sans qu'on sache vraiment quoi. Des personnages changent de place : au début du film, Jezebel est la compagne de Jacob, qui a divorcé et dont le fils, Gabe, est mort. Un peu plus loin, Jacob est à nouveau avec sa femme légitime, et parle de Jezebel comme d'une simple connaissance qui travaille à la poste. Il retrouve également son fils Gabe, bien vivant. Où est la réalité ? Quelque part entre les deux. Jacob n'a pas divorcé, il n'est pas réellement sorti avec Jezebel, mais son fils est bel et bien mort. Et ainsi de suite.

Si je devais comparer L'Échelle de Jacob à un autre film (à part Sixième Sens qui fait vraiment pâle figure en comparaison), ce serait Identity de James Mangold, pour la représentation "réaliste" de l'univers mental d'un individu dans un état critique (la folie dans Identity, l'approche de la mort dans L'Échelle de Jacob). Dans les deux cas, il y a cette incertitude (levée à la fin) sur la nature du monde que l'on considère comme réel (et qui est finalement un procédé cinématographique employé pour illustrer une réalité insaisissable et un peu abstraite).

A part ça, il y a deux choses qui me taraudent un peu dans l'Échelle de Jacob :

Jezebel

D'abord toutes les interprétations que j'ai lues sur Internet pointent Jezebel comme étant le Diable en personne, ou en tout cas comme quelqu'un de maléfique qui veut nuire à Jacob. Mais si on s'en tient à la "clé" donnée par Louie vers la fin du film, les démons sont en réalité des anges, "freeing you from the earth" (qui te libèrent de la Terre). Selon Louie (en fait, selon Eckhart, que cite Louie), les anges et les démons sont une seule et même réalité, perçue différemment, en fonction de l'attitude du mourant qui les voit : si Jacob s'accroche à la vie et craint la mort, il voit des démons; s'il fait la paix avec lui-même et qu'il est prêt à partir, alors les démons sont des anges. Je ne suis pas en train de jouer avec les mots. Louie lui-même déclare réellement (je cite de mémoire) "it's just a matter of how you look at things" : c'est juste une question de point de vue.

Je ne suis pas un spécialiste sur les questions théologiques, donc je dirais simplement que ce film me semble se placer dans une optique qui est anti-manichéenne, si je peux dire, dans le sens où l'Enfer et le Paradis sont une seule et même chose. Donc le Diable n'existe pas en tant qu'entité indépendante qui cherche à corrompre tout être humain "de l'extérieur", mais c'est juste une vision de cauchemar qui est suscité par une attitude négative face à la mort. C'est un fantasme, la concrétisation d'une peur, rien de plus. Pour simplifier : lorsque la peur disparaît, le diable disparaît. (C'est un peu l'idée qu'on trouve aussi dans le Blueberry de Kounen : pour vaincre le mal, il faut vaincre ses propres angoisses.)

Donc je trouve qu'il est assez incorrecte de décrire Jezebel comme une créature satanique, et tous ses actes comme des tentatives pour saboter le passage de Jacob dans l'au-delà. Il me semble qu'on passe à côté du film, si l'on se place dans une optique traditionnelle, avec le Paradis en haut, l'Enfer en bas, et une gare de triage entre les deux. Au contraire, il y a seulement un au-delà, et tout le monde y va; par contre, chacun vit ce passage différemment, suivant sa propre attitude. Toute interprétation du film qui vise à diaboliser (littéralement !) Jezebel me semble noircir artificiellement ce personnage, qui n'est pas si froide que ça et entretient même une certaine complicité avec Jacob. Pour ma part, j'ai plutôt tendance à voir Jezebel, suivant les propos de Louie, comme une entité qui cherche à libérer Jacob de tout ce qui l'attache encore à la Terre. Par exemple, en brûlant ses photographies (ses souvenirs). Et c'est parce que Jacob y est encore attaché, parce qu'il n'a pas encore fait son propre deuil, que l'on perçoit cet acte comme maléfique. C'est normal, il est en train de mourir, il s'accroche à la vie, il n'a pas envie de perdre ses souvenirs...

Donc globalement, il n'y a pas vraiment de démons ni de diable : la vie de Jacob est en train de s'effondrer, de disparaître. C'est angoissant (ben oui), et Jacob perçoit ça, il "traduit" ça dans son propre langage symbolique (religieux). Ce qu'il y a après, on n'en sait rien (une lumière aveuglante, oui, classique, mais encore ?).

Remarquez qu'il n'est même pas nécessaire d'être croyant pour adhérer à cette histoire hautement mystique. On peut très bien dire que les cauchemars de Jacob, c'est son cerveau qui panique et déconne de plus en plus tandis qu'il s'approche de la mort, mélangeant des souvenirs, des fantasmes, des symboles profondément inculqués par son éducation religieuse, des sensations de dégénérescence, de froid et de perte de contrôle, liées à son agonie. La lumière en haut des escaliers, à la fin, ça peut être l'ultime perception ressentie par le cerveau à l'instant où il cesse de fonctionner. Et après ça, au-delà... ? Peut-être qu'il n'y a tout simplement rien. Le film ne le dit pas.

Plus intéressant (à mon avis), on peut considérer toute cette histoire comme une métaphore du processus de deuil. A ce titre, la citation de Meister Eckhart donnée par Louie est essentielle : "The only things that burn in hell, are the parts of you that won't let go of your life. Your memories, your attachments... They burn it all away. But they're not punishing you; they're freeing your soul." (traduction à la volée : Tout ce qui brûle en enfer, ce sont les parties de toi qui ne peuvent pas renoncer à la vie. Tes souvenirs, tes attaches... Tout est brûlé. Mais ce n'est pas pour te punir; c'est pour libérer ton âme.) Jacob a perdu son fils, Gabe, fauché par un camion. Comme dans tout processus de deuil, Jacob en souffre terriblement : il connaît l'enfer, un enfer intérieur. Et ce n'est que lorsqu'il apprend à accepter cette perte déchirante qu'il peut accéder à la paix intérieure. Au début du film, Jezebel confirme cette interprétation en détruisant (par le feu) les photos qui font souffrir Jacob et le rattachent à son passé (et à son fils disparu).

On peut même y aller de notions psychanalytiques : pulsion de vie (Louie, qui remet inlassablement en état le corps brisé de Jacob), pulsion de mort (Jezebel). Je ne développerai pas, parce que je ne connais pas assez ce domaine.

L'Échelle

Deuxième chose qui me tracasse : le chimiste hippie et l'Échelle. Ce personnage existe-t-il vraiment, son histoire est-elle vraie ? Si Jacob a réellement été drogué, avec le reste de son groupe, et qu'il se sont entretués (ce qui semble avéré par le flash final qui révèle le visage de l'homme qui éventre Jacob), comment Jacob peut-il savoir tout ça ? Il n'est pas censé avoir été en contact avec le chimiste avant de mourir, et en tant que simple soldat, il n'est pas dans le secret des dieux. Donc selon moi, de deux choses l'une :

Soit il y a une sorte de communication des esprits, au-delà des corps, et donc le chimiste "visite" Jacob pour lui faire ses révélations. A ce moment-là on est vraiment dans un film fantastique, avec un élément surnaturel qui existe "réellement" dans la réalité (le niveau de la guerre du Viet-Nam).

Soit cette histoire est une allégorie de la guerre (bon, c'en est une de toute manière), une explication fantasmée inconsciemment par Jacob pour expliquer ce qui lui arrive. Après tout, qu'il ait été tué par un Américain ou par un Vietnamien, ce sont toujours des humains qui s'entretuent, c'est toujours moche. Donc quelque part, un instant de lucidité amène à Jacob cette révélation : dans la guerre, on tue toujours ses propres frères, les humains. "It was brother against brother. No discrimination." lui explique le chimiste au bord des larmes. La guerre serait alors vue comme une manipulation orchestrée par une élite, qui exacerberait artificiellement les pulsions violentes de l'être humain en les conduisant à s'entretuer.

Je ne sais pas. La première explication ne me plaît pas tellement. Elle est un peu trop "magique", c'est presque du Disney. Et puis rien ne nous laisse supposer que le chimiste soit mort, donc en état de communiquer en esprit avec Jacob. N'oublions pas que tout ceci se passe très peu de temps après l'expérience qui a mal tourné. Le chimiste est (très probablement) toujours en vie.

La deuxième explication me plaît nettement plus (plus allégorique, plus universelle et quelque part moins triviale, je dirais), mais elle ne colle pas très bien avec l'image du visage du meurtrier de Jacob. Si l'on part du principe que les images de la guerre représentent une réalité objective, alors on est obligé d'admettre que Jacob se fait tuer par un Occidental. Ce qui semble confirmer la thèse selon laquelle l'Échelle (la drogue) existe réellement et a bel et bien été testée sur l'équipe de Jacob.

Bref, même si je préfère la deuxième explication, aucune des deux ne me convainc réellement. Mais à la réflexion, il y a un détail qui fera peut-être la différence : parmis les flashs du Viet-Nam, certains sont filmés au ralenti, et leur bande son est totalement muette, laissant entendre uniquement la très belle musique de Maurice Jarre. Les autres flashs sont filmés normalement, et avec du son. Les ralentis correspondent à deux moments :

1) lorsqu'on voit charger les soldats américains, "enragés" par la drogue,
2) lorsqu'on découvre le visage du soldat (américain) qui éventre Jacob.

Or par coïncidence (?), il se trouve que ce sont les deux seules scènes du film qui "prouvent" (visuellement) que l'Échelle a bel et bien été testée sur des soldats, et donc qu'elle existe réellement. Par ailleurs, ces deux scènes viennent briser la chronologie linéaire des différents flashs du Viet-Nam : situées vers la fin du film, elles nous font voir le massacre qui a lieu au début du film. Ce sont véritablement des flashbacks.

Le fait que ces deux scènes soient filmées au ralenti et sans le son signifie-t-il que leur valeur de vérité objective est différente des autres scènes du Viet-Nam ? Que ce ne sont pas des faits bruts, mais des perceptions confuses revisitées par l'esprit de Jacob ? Ca semble un code un peu tordu, mais ce n'est pas impossible. Ce n'est en tout cas pas incohérent. Et quelque part, je trouve ça préférable à une non-explication du genre "les ralentis, c'est juste pour faire joli".

A ce moment, on pourrait soutenir la deuxième des explications données plus haut : Jacob se fait blesser pendant un combat (par qui, peu importe), l'Échelle est une explication fantasmée qui surgit durant son agonie pour expliquer (ou illustrer) ce qui lui est arrivé. Les flashs avec son et sans ralenti, sont la simple réalité objective. Les flashs au ralenti sont une re-création, une reconstitution également fantasmée, de ces événements. D'ailleurs il est clair que ces deux flashbacks surviennent suite aux révélations du chimiste... Il y a un lien de causalité indéniable. Du coup c'est un peu le serpent qui se mord la queue : si les propos du chimistes sont réels, les flashbacks le sont aussi; si les propos du chimistes sont imaginaires, les flashbacks (qui sont provoqués par ces propos) le sont tout autant.

Il y a une troisième explication : peut-être que je cherche beaucoup trop loin, et que je suis en train d'essayer de justifier une simple faiblesse du scénario...

Même si ça ne remet pas profondément le film en cause, cette explication me plaît encore moins... (Encore une "non-explication") Secretlaugh

Et plus j'y pense, plus je trouve que mon explication fonctionne plutôt bien. Je crois que je vais m'y tenir. Haveaniceday

Commentaires

Portrait de s427
s427

Je reviens juste sur Jezebel. Peut-être n'est-elle pas si positive que ça, après tout. Mais au lieu de la voir comme une créature démoniaque traditionnelle (indépendante, extérieure à l'individu), on peut la voir comme une personnification des peurs de Jacob. Autrement dit, elle fait partie de Jacob et représente ce qui, en lui, pourrait peut-être l'empêcher de trouver la paix.

Je ne suis pas persuadé que cette interprétation colle parfaitement avec tous les agissements de Jezebel (pourquoi brûlerait-elle les photos de Jacob ? Ca me semble plutôt positif, si le but est de se libérer de la vie terrestre...), mais enfin, c'est un point de vue qui n'est pas non plus inintéressant et pourra peut-être en inspirer quelques uns.

Peut-être (encore !) est-ce une erreur de vouloir fixer chaque personnage dans un seul rôle. Si on part du principe que tout se déroule dans la tête de Jacob, la seule logique qui prévaut est symbolique, "organique", et permet sans doute aux intervenants d'évoluer en fonction de l'état mental de Jacob. Jezebel commence son travail de "libération" au début du film (destruction des photos), puis Jacob se met à paniquer, il prend peur, et dès lors il commence à voir Jezebel comme un démon.

Ca prouve en tout cas qu'on peut discuter des heures sur ce film. Haveaniceday

Portrait de kasimore
kasimore

c'est en lisant ton texte que j'ai eu la révélation d'une troisième hypothèse, Jacob continue d'une certaine façon de vivre, un peu comme un fantome pour trouver une explication à ce qu'il lui est arrivé, une fois son but atteint, il peut enfin revenir au moment de sa mort et partir en paix. C'est aussi le passage où il rencontre la voyante au cours d'un soirée, que celle-ci lui annonce après examen de la paume de sa main et de sa ligne de vie, qu'il est deja mort depuis un moment...

Portrait de oOminuitOo
oOminuitOo

En faite "L'échelle" ou plutôt le titre exacte "L'échelle de Jacob" fait référence au titre biblique (comme Jezebel etc...) Dans la bible Jacob essai de construire une échelle pour atteindre le paradis.Le titre devient du coup très évident Haveaniceday

Portrait de s427
s427

Ah oui, très juste, je n'avais même pas pensé à le mentionner.

En fait ce titre prend une dimension passablement ironique, puisque l'Échelle du film (la drogue en question, donc) mène en enfer plutôt qu'au paradis. D'un autre côté, Jacob accède effectivement au Paradis à la fin du film... Donc l'enfer, la rage, la violence animale, un passage obligé pour accéder à la paix ?...

Portrait de oOminuitOo
oOminuitOo

Si je me souvient bien,c'est Louis qui dit a Jacob que ce sont ses démons qui l'empêchent de faire la paix en lui et de quitter cette terre. Jezebel est celle qui essaye d'effacer ces souvenir et de l'attirer en enfer(donc mourir facilement sans passer par la rédemption). Alors que Gabe et la femme de Jacob (j'ai oublier son prénom :p) tentent de réveiller les souvenir en Jacob pour qu'il puissent accepter ces erreurs parfois à travers l'enfer, la rage et la violence animale qui sont une sorte d'épreuve qu'il faut passer lors de la rédemption pour accédez enfin le Paradis. Voilà je sait que sa mériterai des explication plus approfondi mais faut que je revoit le film car il est bourrer de détails qui ont chacun leur sens!! Tien je commence à apprécier ton blog Haveaniceday

Portrait de s427
s427

Ah, très intéressante lecture du film, merci pour cet éclairage ! Haveaniceday

Portrait de liozinc
liozinc

salut à toi je vien de lire ton poste et je suis tomber sur le cul! j avais aprecié le film sans plus, mais là je le decouvre vraiment, je viens de me rendre compte a quel point le film est precis ou rien est laissé au hasard. c est qu a force de voir des daubes j avais pris l abitude de ne plus trop chercher d explications à des films sans queue ni tete. sinon pour le coup du chimiste je pense qu'il nexiste pas. meme pas en version fantome. c est jacob qui le construit car il a surement due toujours avoir des doutes sur des manipulations gouvernementale, en plus au debut du film il voit clairement un gaz pourir la tete de ces potes et a aucun moment on ne voi de viet! là ou tout s explique pour lui c est quand il voit la tete de son pote le tuer (dont la scene n est pas au bon moment dans l ordre chronologique.) mais là aussi je pense que c est parce qu il avais du mal à l'admetre. il ne pouvais donc pas encore voir le visage de son pote, pas avant que la structure de son resonement ne prenne l aparence d un chimiste qui de faite pourait lui expliquer tout ca et donc en quelque sorte de valider son hipothèse. ?.....

Portrait de numero 302
numero 302

J'ai tout de même une question : En ce qui concerne les compagnons d'arme de Jacob, qui tout d'abord décident de porter plainte contre l'Etat, et se retirent au dernier moment, vous avez une explication? Moi je m'etais dit que tous vivaient le meme calvaire que Jacob, et qu'ils ont tous passé l'arme a gauche, ce qui fait que leur interet pour l'échelle se dissout, enfin voila je suis pas allé cherché loin

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ledseb

Je connais ce film depuiis 1995 je considère ce film comme un modèle du genre (reste à définir le genre) pour moi aucun film n'est aussi questionnant et prennant. Concernant le chimiste pour c'est un ange qui va aide Jacob a trouver la vérité sur ce qui c'est passé.Ce n'est qu'a cette condition que jacob pourra acceder au paradis (la recherche de la vérité est le lien biblique du songe de JACOB). je retournerais sur ce blog bientot cela fait plaisirs de pouvoir lire et échanger des hypothèses de compréhension différentes pour ce film. Et c'est en cela que ce film est magique

Portrait de realty
realty

Pour moi jacob n'est pas mort c'est simplement qu'il a fait son deuil sur le mauvais coté de sa vie.Les noms bibliques sont une raison choisi par le realisateur pour ne pas faché le gouvernement americain du coup ont pense que tout ca est une imagination et qu'il est mort au vietnam.Cette drogue est bien réel voici le lien http://30th.freedommag.org/page17a.htm

Portrait de Aaron
Aaron

J'ai regardé l'echelle jacob, c'est un ami qui me l'a conseillé pour des raisons personnelles...je vais d'ailleurs vous raconter les raisons pour lesqelles cet ami m'a demandé de regarder ce film... Suite à des prises de prods, j'ai vu le diable et des démons. Je me suis cru mort, je tenais exactement le même discours que jacob( "je suis mort? etc..."), le truc effrayant. Sur le coup, j'ai cherché à quel moment j'ai perdu la vie et j'en avais une vague idée, un accident de voiture où j'en suis mystèrieusement sorti indemne. Et quand j'ai compris, je m'étais dit que tout ce que j'avais vecu après cet accident jusqu'à present était un rêve. Je ne sais plus tres bien où est la realité encore maintenant. Cet ami m'a dit que je trouverai peut-être une réponse dans ce film... Et bien... probablement... Ma vie a véritablement changé depuis un an.

Portrait de L_C01
L_C01

Très bonne interprétation du film. Y'a juste un truc qui me semble étrange dans le film et qui me laisse dans le doute .... Un passage jacob se fait enlever par des hommes puis se débat et est éjecté de la voiture. Souffrant, il ne peut se relever et la un pere noel lui vole son porte feuille. Mais je trouve que le pere noel ressemble a jacob. Cela signifierait -il que jacob est son propre démon en s'arranchant son souvenir (photo de son fils) pour entraver sa quete d'apaisement avec lui-meme ?

Portrait de s427
s427

@ L_C01: j'avoue que je n'ai pas remarqué cette ressemblance entre Jacob et l'homme déguisé en Père Noël. Renseignement pris, ce n'est pas le même acteur. Donc ton interprétation est peut-être une fausse piste... Ceci dit, cela ne signifierait pas forcément qu'il entrave sa quête d'apaisement avec lui-même, puisque ses souffrances sont principalement liées au fait qu'il n'arrive pas à "lâcher prise" (donc accepter que son fils n'est plus là). Le vol de cette photo pourrait donc être un pas symbolique (et douloureux) dans la bonne direction...

Portrait de stephane654
stephane654

Bonjour, heureux de constater qu'il y a des personnes intrigués par le chemin initiatique de Jacob... Depuis 1992, date à laquelle j'ai pu conserver ce film, j'ai dû le regarder 5 fois. 5 fois une nouvelle interprétation, 5 fois constatant après le film qu'il y avait un autre Moi. Je rapproche beaucoup les vicissitudes de Jacob à ce que l'on vie dans une analyse. Au stade où je suis, j'ai beaucoup de points en communs avec Jacob dans sa relation avec lui-même et le parcours initiatique que l'oblige à faire l'état de son corps. Son corps se meure. Dans une analyse aussi quelque chose doit mourir. Je crois fortement que ce quelque chose est la même chose que l'on soit entrain de mourir physiquement où à travers une analyse. Ce que Jacob se doit de vivre en pensées et donc en rêve, c'est cette acceptation que nous sommes mortels et par ce biais d'accepter de lâcher notre petite enfance, période de toute puissance de la pensée, donc de grandir au sens psychanalytique.

Le film, c'est le monde intérieur de Jacob. Nous pouvons y trouver des corrélations avec notre propre histoire et c'est normal, le film faisant appel à la symbolique et donc à l'inconscient collectif (voir Carl Gustav Jung). Mais cela reste l'histoire de Jacob. D'ailleurs, nous ne pouvons vivre l'histoire de Jacob qu'à partir de la symbolique commune à tous les humains et de fait nous identifier à Jacob, n'est-ce pas ?

Ce qui me semble très intéressant, c'est d'une part la présence de Jezebel et d'autre part de Louis ? Nous fabriquons nos démons et nos anges. Nos démons sont la conséquence de la haine non verbalisé et nos anges sont la conséquence de notre amour pour nous mêmes.

Cette réflexion implique que nous soyons responsable de la présence dans notre monde intérieur de nos peurs, phobies et angoisses concrétisés par les démons, les monstres, et tous ce que l'Homme à bien pu inventer pour projeter dans le monde extérieur LA/notre haine non verbalisées. Comprenez moi, nous ne sommes (notre Moi) jamais en contact directe avec le monde extérieur, il y a toujours une phase d'intégration inconsciente dû essentiellement à notre méconnaissance de nous-mêmes.

Alors, Jacob vit-il son Oedipe avant de mourir ? Pouvons-nous extrapoler ceci à nous tous ? Je crois que oui et c'est cela la force mystérieuse de ce film, il est un peu notre histoire à tous.

Vivement ma mort, je suis épuisé.

Ps: J'écris sur l'indicatif présent qui peut laisser croire que je suis sûr de moi, il évident que non. Ce mode d'écriture permet de s'identifier fortement avec ce que l'on écrit et ce que l'on dit. Cette force, justement, permet le changement. Alors que je subjonctif, nous laisse à l'abri tout en faisant croire que nous y mettons nos tripes. Attention, nous sommes bien souvent notre propre metteur en scène.

Portrait de Silent Greg
Silent Greg

Que d'excellentes remarques et analyses sur ce film tout aussi magnifique et marquant qu'est L'echelle de Jacob .Je voudrais cependant revenir sur un petit point.Il a ete mentionné un peu plus haut que au niveau biblique , Jacob construisait une echelle pour essayer d'atteindre le paradis ,alors en sachant cela et en sachant egalement que le Jacob (Tim Robbins) du film a recu une education tres americaine basés sur la chrietienté , il s'est peut etre inventé cette histoire de drogue (l'echelle) pour occire toutes ses pensées religieuses .Ce qui pour moi prouve definitivement que le personnage du Chimiste n'existe pas . Attention toutefois ,ces lignes sont ecrites par quelqu'un d'athée ,qui respecte chaque religions mais qui ne peut descement pas croire a aucune d'entres elles . Tout ca pour dire que pour moi comme pour vous ( autres athées) il est est tres difficile de se representer l'idee que ce fait quelqu'un de religieux de la mort (de ce qui la precede et de ce qui la suit ) Autre chose aussi , etant un grand fan de jeu video et plus particulierement de la serie Silent Hill j'ai ete agreablement surpris de voir la correlation qu'il y a entre ces deux oeuvres (surtout un plan d'ambiance et de quelque design de visions d'horreurs que l'on voit dans le film ) meme si bien evidemment le film a ete fait bien avant le jeu . En tout cas pour ceux que ca pourraient interesser je vous conseille tres chaudement de faire Silent Hill 5 qui est tres largement inspiré de l'Echelle de Jacob .(Ne vous inquietez pas , pas besoin de faire les episodes d'avant , ils ne se suivent pas )

Portrait de gillesgin
gillesgin

je l ai vu 5 fois au moins depuis sa sortie... pour ma part tout est tire de la religion juive et chretienne le detail le plus important et le kine qui l aide a trouver la paix ;a qui il dit qu il ressemble a un ange et qu on pourrait apparenter a l ange gabriel.... c est un chef d'oeuvre la scene de la baignoire avec la glace ...se doit etre l instant ou il se vide de son sang et que son corps se refroidi... tres beau film

Portrait de Arthurd35
Arthurd35

Salut, je viens de finir de le voir et j'ai lu tes hypotheses sur l'échelle. Pour ma part, je pense que l'histoire de la drogue qui rend fou a été déduite logiquement par Jacob. En effet, celui-ci voit ses amis qui ont fumé délirer anormalement et même avoir des convulsions, puis il y a la bataille et un occidental le plante. Dans sa tête, c'est la drogue qui a fait cet effet, le chimiste n'existe pas en réalité, il l'a créer pour qu'il se transmette a lui meme ce message, et le complot de l'armée n'est qu'une hypothese pour expliquer le délire des soldats drogués qui se massacrent.

Ce qui m'a vraiment troublé c'est le message de la fin qui dit que des test de drogues ont étés essayés sur des militaires durant le Vietnam. Cela prouve -pour moi- qu'il est réelement question de drogue pour rendre agressif utilisé par l'armée des usa.

Apres c'est qu'une hypothese d'amateur, en esperant qu'un jour la lumiere soir entierement faite sur ce flim ! tchus

Portrait de SILENT HILL
SILENT HILL

Bonsoir a tous,

Tres belle remarques sur le film, merci pour toute vos anecdotes.

Sinon Silent Greg, tu conseil de jouer a silent hill 5 sans jouer au précédent, c'est une tres grande erreur.

Silent hill premier du nom est un pur bijoux, surtout au niveau de l'histoire et des sensations qu'il procure.

Je conseil a ce qui ne conaisse pas encore la série de ce lancée par le début, sachant que le 1, 2, 3, 4 sont des pures merveilles, il se suive sans se suivre, et vous meneront au bout de vos cauchemard.

Portrait de Seblecaribou
Seblecaribou

Bonsoir à tous. Article très intéressant et surtout qui met en évidence la profondeur du film. Je viens de le voir et j'ai encore pleins d'éléments irrésolus malgré les diverses explications données et c'est tant mieux. Je pense que s'il y avait une version "officielle" des explications, le film perdrait tout sens et intérêt.

Mon point de vue sur tes explications c'est que la deuxième est la plus probable. Jacob est bien mort au Viet-Nam. Seulement je ne pense pas qu'il y ai une explication purement chimique et gouvernemental. Jacob s'est fait poignarder par l'un des siens...par erreur. Je le reverrais pour confirmer ce que j'en pense. Mais au final, j'ai vraiment l'impression que s'ils ne sont jamais montré, les vietcongs étaient là, et dans un moment de panique, son ami l'a poignardé durant l'attaque. Après tout, les cas de paniques et de tirs amis sont malheureusement monnaie courante dans les conflits armés. Ceci conforterait la thèse selon laquelle le film est une allégorie de la guerre.

Pour le reste je partage ton avis sur Jezebel.

Portrait de zorkine
zorkine

jezebel est le personnage qui m'a le plus intrigué de part son nom j ai fait une recherche sur le net.

Dans le Tanakh et l'Ancien Testament, Jézabel est une reine d'Israël, dont l'histoire est racontée dans le livre des Rois.

Jézabel était une princesse phénicienne, fille du roi de Tyr Ithobaal Ier , qui a épousé le roi Achab. Racine la mentionne comme la mère d'Athalie.

La Bible lui reproche de détourner Achab du vrai Dieu et d'adorer son dieu Baal. Elle est accusée de tuer les prophètes du Seigneur, et Élie la maudit.

je me rapelle qu'elle pretend vouloir qu on l apelle jaizi du fait qu elle n aime pas les nom religieux et du coup se fait traité de payenne par jacob et elle lui repond "tu as vendu ton ame au diable....donc moi aussi je me suis mis en tete qu elle cherchais surement a le détourné de son chemin.la scene d apres chez son kyné "ange gardien"celui ci lui dis que son ancienne femme l aime encore et qu il devrais se remettre ensemble.... pour le chimiste pareille je le trouve etrange mais il lui sauve la vie deux foix.le premiere apres l explosion de la voiture de l'ami de jacob il le traine loin de la voiture et la deuxieme fois a la fin quand il lui revele la"verité"sur la drogue il apporte la paix a jacob. je trouve aussi que le pere noel ressemble sacrement a jacob.meme nez et meme lunette. beaucoup de questionnements pour un film passionnant.

Portrait de Grenadine
Grenadine

Merci beaucoup pour cet article, d'une grande qualité !

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